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Vitraux de Christopher WOOL
Le maître verrier

La renaissance du plomb …

Toutes les séances de travail se sont déroulées dans l’atelier de Pierre-Alain Parot, maître verrier bourguignon, qui a consacré toute sa vie au travail du verre, dans ce qu’il a de plus difficile et de plus expérimental, associant une histoire presque millénaire aux techniques et pratiques les plus contemporaines. Son écoute, sa curiosité et sa patience ont immédiatement créé les conditions idéales pour que l’artiste puisse librement explorer les possibilités et les défis qui s’ouvraient à lui. Dans un premier temps, c’est la question de la transparence du support, qui de fait inverse la donne de la toile, support opaque sur laquelle la matière s’ajoute, qui l’a dérouté. Toute tentative de poser un geste pictural opacifiait le verre. Or, la pratique picturale de Wool repose sur le geste, posé, superposé, repris, et effacé.

visite de l'atelier de Maître Parot C’est après plusieurs mois de réflexion que le plomb, utilisé pour assembler les morceaux d’un vitrail, est apparu comme un outil possible. En effet, le plomb offrait la possibilité de venir tracer sur le verre comme la ligne d’un dessin. Ces dernières années, Wool a beaucoup expérimenté le travail sur ordinateur, et notamment le dessin. C’est à partir de cette technique qu’il a décidé de travailler au plomb la composition des vitraux. Le premier croquis que Pierre-Alain Parot a transposé s’étant avéré convaincant en termes de rythme et de composition, la piste du plomb a donc été retenue.

Le choix du jaune vif pour accentuer la beauté de la ligne du plomb

Le travail s’est ensuite orienté d’une part vers l’articulation des 5 baies entre elles et d’autre part vers les textures et couleurs du verre. La question de la couleur est restée présente tout au long du processus. En effet, si la peinture de Christopher Wool se caractérise par le noir, le blanc et le gris, il travaille ponctuellement la couleur, souvent de manière monochromatique. Le plomb seul, posé sur un verre transparent soufflé à la bouche puis cuit pour lui donner de la texture et un effet opalescent offrait l’avantage d’une grande pureté, et d’une lisibilité accrue du dessin, mais l’œuvre de Christopher Wool est en tension, elle associe le minimalisme et l’expression, le doute et la certitude, l’abstraction à la matérialité. La couleur – finalement un jaune vif - permettait d’une part d’exploiter pleinement la potentialité du vitrail comme matériau, et d’autre part d’introduire un élément de composition supplémentaire, en tension avec la beauté contenue de la ligne de plomb.

Comme le soulignent Anne Pontegnie et Xavier Douroux des Nouveaux Commanditaires " Pour nous qui avons accompagné Christopher Wool et Pierre-Alain Parot dans leurs conversations et leurs expérimentations, ce fut l’occasion d’être témoins de comment l’art se fait, de constater à quel point la pensée de l’artiste s’accroche, suit mais aussi transforme les matériaux qui lui sont donnés".

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