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1059-1559 : La puissance des moines bénédictins

En 1059, l’évêque d’Auxerre, Geoffroy de Champallement, fait don à Hugues de Semur, Abbé de Cluny, de ses terres des bords de Loire, au lieu-dit "Seyr" (nom en lien avec la construction sur un coteau), pour y bâtir un monastère.

Très rapidement, le moine Gérard venu de Cluny supervise la construction du Prieuré. L’église Notre-Dame est, à l’époque, la deuxième plus grande église du monde chrétien, après Cluny ! On peut y célébrer, dans ses sept chapelles, sept messes en parallèle.

L’ensemble architectural se compose de l’Eglise Notre-Dame, de l’Eglise Saint-Laurent dédiée à la liturgie des défunts, de bâtiments organisés autour du grand cloître (salle du chapitre, réfectoire, cuisine, dortoirs…), de bâtiments annexes : infirmerie, remises, caves et glacières, écurie, magasins, cellier, hôtellerie et logis du prieur près de l’entrée du monastère. Près de 200 moines logent, au XIIème siècle dans le prieuré. De nombreux pèlerins de passage profitent de la charité des bénédictins, vertu théologale qui a donné son nom à la ville.

Point de passage obligé sur la Loire, le monastère s’enrichit. Son influence va s’étendre sur 45 prieurés et 400 dépendances en France et en Europe. Le 9 mars 1107, alors que les travaux de construction ne sont pas totalement achevés, l’église est consacrée par le Pape Pascal II. En 1164, le prieur Rodolphe de Sully, prieur et ségnieur de La Charité, édifie une ceinture de remparts pour protéger la ville qui s’est développée autour du monastère. La cité va susciter bien des convoitises. En 1429, Jeanne d’Arc tente de prendre la ville pour le compte du roi Charles VII. En vain. La Guerre de Cent ans, puis les Guerres de religion, vont peu à peu affaiblir la cité monastique, mais c’est finalement un gigantesque incendie qui va précipiter sa ruine.

1559-1973 : La ville tombe dans l’oubli

• Le 31 juillet 1559, le feu détruit la totalité de la nef de Notre-Dame, l’église Saint Laurent, les toitures du choeur ainsi que la plus grande partie du monastère. Deux cents habitations de La Charité-sur-Loire partent aussi en fumée. La ville est reconstruite, mais l’incendie marque le point de départ d’une longue période de déclin qui va se poursuivre durant plus de 400 ans. En 1789, il ne reste plus que douze moines dans le monastère. La ville, coincée entre la Loire et ses remparts, se trouve dans l’impossibilité de s’agrandir. Pourtant, la population ne cesse d’augmenter.

Les remparts

• Le 13 février 1790, la municipalité est autorisée à vendre le prieuré. l’Assemblée constituante ayant décidé la nationalisation des biens de l’Eglise. La municipalité est autorisée à vendre des morceaux du prieuré aux habitants afin qu’ils y construisent leur habitation. Le prieuré, qui occupe le cinquième de la surface de la ville, est comme enkysté, fossilisé, il disparaît peu à peu dans la ville jusqu’à devenir pratiquement invisible. Certains bâtiments, comme la porterie ou le logis du prieur, sont occupés depuis des générations par des particuliers ou par des commerçants. La ville du moyen-âge et la ville contemporaine se mélangent.

En 1840, Prosper Mérimée, inspecteur des Monuments Historiques, s’oppose à un projet qui prévoit de faire passer la route royale au milieu de l’église Notre-Dame. Il sauve également le magnifique tympan de la grande prieurale, qui date de l’origine de la construction, et qui vient d’être retrouvé dans le mur d’une chambre de location. Par la même occasion, il classe l’église « Monument Historique » (première liste, 1840). Mais ce n’est qu’en 1973, que l’architecte Jean-Pierre Duthoit redécouvre le prieuré…

1973-2001 : Les trésors cachés réapparaissent au grand jour…

Il parvient à convaincre la municipalité de le faire restaurer. Pour cela, il faut racheter les parties originales des bâtiments à leurs propriétaires, année après année. Cela s’avère difficile et très onéreux pour le budget d’une petite ville. L’Eglise Saint-Laurent au coeur du jardin des Bénédictins est mise au jour le 12 mars 1975, lors de travaux de terrassement. En 1998, l’église Notre-Dame est reconnue "étape majeure sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle" et classée au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Enfin, depuis 2001, d’importants travaux de rénovation sont entrepris. Les vestiges de l’église Saint-Laurent, dans l’espace devenu Jardins des Bénédictins, les salles gothiques et les salles XVIII° sont les premiers monuments restaurés. D’autres chantiers sont lancés. L’ensemble du site monastique est ouvert à la visite.

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